Poème turc de Nâzım Hikmet, Yaşamaya Dair, en français.

par pelin

Comme promis sur les réseaux sociaux, je vous publie la vidéo dans laquelle je vous récite le délicieux poème du célèbre auteur et poète turc Nâzim Hikmet. Le nom de ce poème est Yaşamaya Dair en turc, je l’ai traduit par À propos de vivre. Vous trouverez également les paroles que j’ai traduit moi-mêmeplus bas dans l’article. 

NoteSi vous avez des suggestions d’interprétations ou de traductions différentes, n’hésitez pas à les partager en commentaire. Je serais curieuse de voir comment vous l’auriez traduit.

La vidéo :

Yaşamaya Dair...

I

Yaşamak şakaya gelmez, 
büyük bir ciddiyetle yaşayacaksın 
bir sincap gibi mesela, 
yani, yaşamanın dışında ve ötesinde hiçbir şey beklemeden, 
yani bütün işin gücün yaşamak olacak. 

Yaşamayı ciddiye alacaksın, 
yani o derecede, öylesine ki, 
mesela, kolların bağlı arkadan, sırtın duvarda, 
yahut kocaman gözlüklerin, 
beyaz gömleğinle bir laboratuvarda 
insanlar için ölebileceksin, 
hem de yüzünü bile görmediğin insanlar için, 
hem de hiç kimse seni buna zorlamamışken, 
hem de en güzel en gerçek şeyin 
yaşamak olduğunu bildiğin halde. 

Yani, öylesine ciddiye alacaksın ki yaşamayı, 
yetmişinde bile, mesela, zeytin dikeceksin, 
hem de öyle çocuklara falan kalır diye değil, 
ölmekten korktuğun halde ölüme inanmadığın için, 
yaşamak yani ağır bastığından. 

 

II 

Diyelim ki, ağır ameliyatlık hastayız, 
yani, beyaz masadan 
bir daha kalkmamak ihtimali de var. 
Duymamak mümkün değilse de biraz erken gitmenin kederini 
biz yine de güleceğiz anlatılan Bektaşi fıkrasına, 
hava yağmurlu mu, diye bakacağız pencereden, 
yahut da sabırsızlıkla bekleyeceğiz 
en son ajans haberlerini. 

Diyelim ki, dövüşülmeye değer bir şeyler için, 
diyelim ki, cephedeyiz. 
Daha orda ilk hücumda, daha o gün 
yüzükoyun kapaklanıp ölmek de mümkün. 
Tuhaf bir hınçla bileceğiz bunu, 
fakat yine de çıldırasıya merak edeceğiz 
belki yıllarca sürecek olan savaşın sonunu. 

Diyelim ki hapisteyiz, 
yaşımız da elliye yakın, 
daha da on sekiz sene olsun açılmasına demir kapının. 
Yine de dışarıyla birlikte yaşayacağız, 
insanları, hayvanları, kavgası ve rüzgarıyla 
yani, duvarın ardındaki dışarıyla. 

Yani, nasıl ve nerede olursak olalım 
hiç ölünmeyecekmiş gibi yaşanacak… 

III 

Bu dünya soğuyacak, 
yıldızların arasında bir yıldız, 
hem de en ufacıklarından, 
mavi kadifede bir yaldız zerresi yani, 
yani bu koskocaman dünyamız. 

Bu dünya soğuyacak günün birinde, 
hatta bir buz yığını 
yahut ölü bir bulut gibi de değil, 
boş bir ceviz gibi yuvarlanacak 
zifiri karanlıkta uçsuz bucaksız. 

Şimdiden çekilecek acısı bunun, 
duyulacak mahzunluğu şimdiden. 
Böylesine sevilecek bu dünya 
“Yaşadım” diyebilmen için…

À propos de vivre...

I

Vivre n’est pas une plaisanterie,
tu vivras avec un grand sérieux,
comme le fait un écureuil, par exemple,
n’attendre rien sauf et au-delà de la vie,
ta seule occupation sera de vivre.

Tu prendras la vie au sérieux,
et au sérieux à tel point que,
par exemple les bras liés, le dos au mur,
ou dans un laboratoire avec une chemise blanche et de grandes lunettes,
tu devras pouvoir mourir pour les autres,
les autres dont tu n’auras même pas vu le visage,
bien que personne ne t’y ai forcé.
bien que tu saches que,
vivre est la plus belle chose belle, la plus vraie.

Tu prendras la vie au sérieux à tel point que, même à 70 ans, tu planteras des oliviers,
et pas pour que tes enfants en héritent non !

mais plutôt parce que tu redoutes la mort, alors même que tu ne crois pas en son existence et que la vie pèse plus lourd dans la balance.

II

Supposons que nous sommes des malades hospitalisés,
j’entends par là qu’il y a la possibilité que
nous ne nous levions jamais de la table blanche.
Bien qu’il soit impossible de ne pas ressentir le chagrin de mourir un peu trop tôt,
nous rirons toujours de la plaisanterie racontée,
nous regarderons par la fenêtre pour voir si le temps est pluvieux,
ou nous attendrons avec impatience
les dernières nouvelles des agences.

Supposons, pour quelque chose qui vaut la peine de se battre,
nous sommes sur le champ de bataille.
Là-bas, lors de la première attaque, le premier jour,
il est possible de mourir, tombant par terre sur notre visage.
Nous le saurons avec une rancune quelque peu étrange,
mais on se demandera toujours à en devenir fou
le fin mot de la guerre qui durera peut-être des années.

Supposons que nous sommes en prison,
Agé de près de la cinquantaine,
et qu’il reste encore dix-huit ans, avant que la porte en fer ne s’ouvre.
Pourtant, nous vivrons toujours avec le monde extérieur,
avec les gens, les animaux, les combats et les vents, avec le monde extérieur au-delà des murs.

Comment et où que nous soyons
Il faudra vivre comme si nous ne mourrons jamais.

III

Cette terre se refroidira,
une étoile parmi toutes les étoiles,
l’une des plus petits,
un grain de paillettes dans du velours bleu,
j’entends par là, notre immense monde.

Cette terre se refroidira un beau jour,
pas à la manière d’un un tas de glace
ou d’un nuage mort,
elle roulera plutôt comme une noix vide
dans la pure obscurité sans fin.

la douleur s’en ressent dès à présent,
le chagrin s’en ressent dès maintenant.
Ce monde devra être aimé ainsi
pour que tu puisses dire “j’ai vécu” …

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