Escapade à Edirne - Itinéraire et adresses

Je vous l'ai déjà dit et répété: Si vous habitez à Istanbul, vous avez plein de choses à faire pas loin de la ville et qui vous permettrons de vous évader et vous libérer de la pollution et du trafic d'Istanbul! Une destination à laquelle je pensais depuis longtemps et qui m'a d'autant plus intriguée après avoir visionné un documentaire ARTE sur l'empire ottoman, et fait la mise à jour d'un guide historique d'Istanbul, était la ville d'Edirne.

Edirne était l'ancienne capitale de l'empire ottoman (de 1363 à 1453), et constitue aujourd'hui une des villes turques ayant le plus riche patrimoine historique, qui plus est à seulement 2h30 d'Istanbul en bus, comment passer à côté?


Babasının kızı ♥

On m'a toujours dit que je ressemblais à mon père. 


Rajoutez-moi une moustache, un peu de sourcils, coupez-moi les cheveux, retirez-moi le iPhone greffé à ma main et remplacez-le par le Nokia le plus basique ... Et le voilà. Mon cher papa... On peut dire que je suis fière de notre ressemblance. C'est plus qu'un honneur pour moi que l'on pense à lui lorsque l'on me regarde, surtout depuis qu'il est parti...

J'ai toujours été une fille à Papa. Babasının kızı derler ya... 
Il était ma plus grande inspiration, mon modèle et surtout mon guide. Je lui demandais son avis à propos de tout et n'importe quoi, et il aimait que je sois curieuse. Curieuse de la vie, de la politique, de l'économie, de la philosophie et surtout de son opinion. Il me conseillait toujours de lire des livres. Ses préférés étaient ceux de Maxime Gorki et Emile Zola. Mon papa était un politicien-philosophe dans l'âme et aimait savoir que j'étais de son côté. 

Quand j'étais ado, il insistait pour avoir de longues conversations sérieuse avec moi. Et comme nous sommes tous les deux des couche-tard, une fois ma maman couchée, il me demandait de quitter mon précieux ordinateur pour m'asseoir avec lui. On commençait par un silence. Il regardait les informations en attendant que j'ouvre un sujet. Finalement, je posais une question, puis il entamait un monologue de 5 min. Enfin, une fois que j'avais de nouveau le droit à la parole, la fluidité de notre conversation nous faisait oublier les minutes, voire même les heures passer. Je lui posais des dizaines de questions, et il répondait sans se lasser. Politique, géopolitique, religions, football (pour lui faire plaisir), sociologie.. tous les sujets y passaient. Enfin, après un soupire, un second silence et une satisfaction de la conversation, il se retirait pour aller dormir. C'était notre petit moment.

On se taquinait beaucoup. Il me donnait des surnoms que l'on ne pourrait pas traduire en français. Il me disait toujours que j'avais de la chance d'avoir hérité de ses gènes (modestie incarnée). Pour me remonter le moral dans mes moments d'adolescente pleurnicheuse, il me disait: "tu es grande, belle, et PRESQUE intelligente, arrête de pleurer!". Puis il faisait une grimace pour m'imiter et se moquer.

Il me disait qu'une belle femme est une femme au cou long et fin. C'était pour lui un signe de féminité. Il voulait que je prenne soin de moi, mais dès que je m'apprêtais un peu trop, il me disait: "tu as demandé l'autorisation à qui pour sortir jolie comme ça?". 

Il me conseillait beaucoup sur comment être une bonne personne avant tout. Ses conseils étaient pour la plupart très avisés mais je ne les appliquais qu'à moitié:

- Ne te fâche jamais avec tes proches 
- N'emprunte jamais d'argent, vis avec ce que tu as
- Ne dépend de personne, sois capable de t'assumer
- Arrête de te prendre pour le centre du monde (ahah, il l'aimait bien, celle-là)..
- Parle avec les gens, quand tu vas dans un lieu, parle avec le boulanger, le primeur, la pharmacienne, sociabilise-toi... 
- Pense qu'il y a toujours quelqu'un plus à plaindre que toi sur cette terre
- Ne sois pas trop gourmande dans la vie. Devenir riche ou physiquement parfaite ne t'apportera pas le bonheur 
- Quoi que tu fasses, il y aura des personnes qui ne t'aimeront pas et seront des obstacles dans ta vie. Ne les confronte pas, ne t'en attriste pas, ils épuiseront ton énergie pour rien
- Sois plus généreuse. 

Et encore plein d'autres... 

Mon papa, je ne l'ai vu pleurer qu'une fois dans ma vie, et c'était devant le film Babam ve Oglum. Apparemment, il avait pleuré à l'enterrement de sa propre maman aussi. C'était un dur... Un vrai papa turc avec la moustache et le chapelet à la main. D'ailleurs, son surnom était Castro, en rappel à Fidel, car selon ses frères, étant plus jeune, il était un peu dictateur sur les bords... Il aimait se bagarrer pour ses idées et n'avait peur de personne, à part sa maman :)

Il disait toujours qu'il pensait que je ne devais pas me marier. La raison principale était selon lui que personne ne pourrait me supporter autant que lui me supportait, mais en réalité, je sais qu'il voulait me garder pour lui.
Il m'a toujours soutenu et encouragé dans mes expéditions lointains. Il pensait que cela me forgerait. Donc lorsque je lui ai annoncé que je partais en Amérique du Sud, pour quelques mois, toute seule alors que je n'avais que 19 ans, il a dit oui. Même si j'ai bien remarqué que sa ride du front en avait pris un coup...

Lorsque j'ai emménagé à Istanbul, il était heureux. Sa fille repartait dans le pays de son enfance. Mais je lui manquais. Parfois, quand je laissais trop d'espace entre deux appels, il faisait sonner mon téléphone. Je rappelais et il me disait: "ah, j'ai pas fait exprès, ça a appelé tout seul... Sinon, quoi de neuf?" - "naber nasilsin bakim, keyfin yerinde herhalde, hic aramiyorsun?"... D'ailleurs, dans son téléphone, je n'étais pas enregistrée en tant que "Pelin" ou "Ma fille", mais en tant que "A Pelin". Comme ça, j'étais la première personne de son répertoire et il pouvait me trouver sans mettre ses lunettes...

La phrase standard qui dit que l'on ne se rend compte des choses les plus précieuses pour nous qu'une fois qu'on les a perdu n'est pas vide de sens. Profitons de nos proches tant qu'ils sont là, en bonne santé et prêts à rendre cet amour que nous leur portons. N'attendons pas le dernier moment pour se pardonner, se parler, s'écouter. Prenons le temps de discuter les uns avec les autres. Le temps passe vite, et la vie aussi...

Il était l'homme de ma vie. J'étais la prunelle de ses yeux. Il voulait que je sois heureuse. Il me répétait toujours que j'avais tout pour être heureuse. Il m'a beaucoup donné, beaucoup guidé, beaucoup soutenu et je le remercie de m'avoir attendu. BABAM  

Trouver la paix intérieure grâce à Mevlana

En décembre 2015, un de mes groupes de musique anglais préférés appelé Coldplay a sorti un nouvel album, et je l'attendais avec impatience. Je ne sais pas pour vous, mais avec le temps, j'ai développé une sorte de connexion spirituelle avec la musique. La musique est devenue pour moi comme un outil relaxant, défoulant mais aussi émotionnellement puissant. Alors qu'il y a 10 ans de cela, une chanson comme Watch me nae nae m'aurait apporté entière satisfaction, aujourd'hui, j'apprécie une musique par le message et l'émotion qu'elle transmet, mais aussi la philosophie de son interprête. Et concernant le groupe Coldplay, j'ai beaucoup de mal à trouver des défauts dans les discours du vocaliste anglais Chris Martin.

Vous allez me dire: "Ouais, ok, mais quel rapport avec le titre, mevlana et tout.." Oui, je sais, j'y viens...

Lors d'une des dernières interviews de Chris Martin, il a évoqué une de ses nouvelles chansons appelée Kaleidoscope (écoutez-la via le player deezer ci-dessous) dont les paroles sont un poème. Il a composé cette courte chanson en hommage au Mevlana (de son autre nom: Celaleddini Rumi) ayant vécu au 13ème siècle à Konya en Turquie. Le poème en question s'appelle Misafirhane en turc et The Guest House en anglais et fait partie des oeuvres de celui-ci. Je vous ai copié la version écrite du poème en bas de l'article, dans les deux langues.



A la base, je ne suis ni très spirituelle, ni très poèmes aux nuances infinies. Je suis très terre à terre, trop très rationnelle. Mais ce poème m'a retourné, il a littéralement changé mon appréciation de la vie, et surtout de mon quotidien. 
Avant de rentrer dans le vif du sujet, je vais apporter une petite clarification pour ceux qui ne sauraient pas ou auraient des doutes.

QUI EST MEVLANA ?


Connaissez-vous bien les turcs ? ☺

Ce qui fait la beauté de notre monde, c'est qu'il est rempli de pays qui sont eux-mêmes rempli de populations ayant des cultures, habitudes et coutumes différentes. Selon le pays d'origine d'une personne, on peut déjà déterminer certains de ces traits de caractères, comportements ou habitudes (dans les grandes lignes). 
Par exemple, c'est bien connu, les français sont râleurs (roh ça va! ne commencez pas!), les canadiens sont très gentils, les espagnols aiment faire la fête, les chinois sont discrets, les russes aiment picoler... 

Bref, vous voyez le truc. Mais que dit-on à propos des turcs? Quels sont les traits de caractères, les coutumes et habitudes, que l'on retrouve dans une grande majorité de la population?

Voici quelques réponses:

Les turcs sont de très bons hôtes

Tout voyageur ayant fait un petit tour en Turquie vous le dira, les turcs aiment accueillir et leurs invités sont traités comme des rois! Si vous connaissez quelqu'un d'origine turque dans votre entourage, faites-vous inviter chez lui. Vous repartirez le ventre plein (à craquer), l'esprit léger et le sourire aux lèvres.
Par contre, n'oubliez pas de vous déchaussez avant d'entrer, sinon, l'accueil risque d'être différent!


Ces 20 choses que j'adore faire à Istanbul !


1 - NOURRIR LES MOUETTES 
C'est reposant, on se sent bien, on ne pense à rien et on écoute les mouettes nous ordonner un bout de simit. J'adore ce moment !

Mes musées préférés à Istanbul {part1}

J'ai du mal à l'avouer, mais malgré ma passion pour la lecture, l'histoire et le passé en général, j'ai beaucoup de mal à rester plus d'une heure dans un musée. J'ai dépassé cette limite dans mes musées favoris de Londres seulement. Même au Louvre, je n'ai pas pu ! Je trouve que l'ambiance y est trop lourde et pas assez ludique/éducative. Qu'en pensez-vous? 
Ces antiquités, qui sont réuni au même endroit, exposée dans des millions de salles qui s'enchaînent, et qui font partie de notre histoire mais que l'on doit payer pour voir. Étrange... 

Il y a tout de même quelques musées parmi les dizaines d'Istanbul, qui ont attiré mon attention et m'ont réellement fait oublier le temps et je vais les partager avec vous.

Il ne s'agira ici pas de faire la liste des musées (Le Guide Geo Turquie vous aidera la dessus, c'est moi qui l'ai rédigé cette année d'ailleurs :). Il s'agit de mes musées favoris, ceux qui m'ont plu à moi et que je vous recommande chaleureusement. 

Avant vos visites: Surtout, lisez sur l'histoire du pays, lisez des livres (je vous recommande Istanbul: Bosphore et Dardanelles que j'ai aussi co-écrit cette année) concernant les monuments que vous allez voir ainsi que les personnages qui y ont vécu. C'est beaucoup plus impressionnant lorsqu'on sait ce qu'il s'y est produit. 
Je précise cela surtout pour l'ancienne Constantinople car c'est une ville riche en palais, en châteaux et qui nous délivre un métissage culturel incroyable. Un tel mélange vaut la peine d'être lu avant toute exploration (c'est aussi valable pour l'Andalousie par exemple). Alors, on commence?

RUMELI HISAR



Pourquoi quitter Istanbul ?

On parlait avec une copine l'autre jour, et elle me disait que beaucoup de personnes de son entourage stambouliote, un entourage principalement français ou franco-turc, décidaient d'un retour définitif en France. Et c'est vrai que beaucoup de personnes de mon entourage aussi se décident à quitter la superbe ville que j'ai mis à l'honneur dans ce blog, et ce chaque année.

Moi qui reçois tout un tas de mails de personnes qui me disent rêver de vivre à Istanbul, je me suis donc poser la question. Pourquoi pour certains, vivre à Istanbul est un rêve, alors que pour d'autres y vivant déjà, il est temps de quitter ce lieu si magique?


♥ 10 bonnes adresses à Cihangir

Si vous ne le saviez pas je vous le redis, je suis une stambouliotes d'Asie. Pourtant, je traverse très régulièrement le Bosphore pour aller voir du côté Europe si on m'y attend. Je découvre presque tous les mois de nouveaux quartiers et je les apprécie quasiment tous. Mais je dois avouer qu'il est difficile de ne pas avoir un petit faible pour le quartier particulier de Cihangir. C'est mon amie Hazan, l'experte du coin, qui me l'a fait découvrir et elle avait raison: Cihangir, c'est un mélange entre le moderne et l'authentique, le chic et le décontracté, mais surtout, c'est un lieu qui transpire de culture et de charme bohémien. Tout ce que j'aime!

Du coup, je lui ai demandé si elle voulait bien partager avec nous ses adresses préférées afin que vous puissiez découvrir le quartier sur de bonnes bases. Hazan nous délivre donc gentiment ses 10 adresses préférées, et elles sont à tester absolument... 

1 - Le jardin de la mosquée de Cihangir: 


Mes bons plans jour de l'an 2016 à Istanbul

Le jour de l'an, c'est toujours compliqué. Où que l'on habite, on se retrouve tous 2 semaines avant le passage à la nouvelle année, en train de réfléchir à comment et où passer le réveillon. Je suis moi-même adepte de la soirée entre amis, à la maison et/ou bien du weekend en dehors de la ville.
L'an dernier, j'ai enchaîné les deux alternatives comme beaucoup le font: après une soirée entre amis à la maison, j'étais allée à Antalya, et c'était très sympa de découvrir la ville en hiver.

Pour les stambouliotes "locaux" qui veulent donc s'évader d'Istanbul le 31 décembre, je vous propose donc 3 bons plans:

1 - HORS DE LA VILLE:

Organisez vous-même votre petit voyage hors de la ville et visitez une ville de Turquie que vous n'avez pas vu. Antalya, Alanya, Bursa (Uludag pour skier), Bodrum, Izmir, Trabzon, etc... Ce ne sont pas les choix qui manquent. Les billets sont très peu chers en interne, surtout si vous les achetez maintenant.